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mardi 8 février 2011

Domaine Joseph Drouhin - Burgundy


Notre visite au sein de l’illustre domaine Joseph Drouhin fût un des temps forts de notre séjour en Bourgogne. Nous avons été reçus par Christophe, directeur export de la maison qui déborde de sympathie et de simplicité.

Pour parler chiffres, le Domaine Joseph Drouhin comprend 73 hectares et pas moins de 90 appellations ce qui lui permet de proposer quasiment toutes les facettes qu'offre ce terroir unique composé de sa multitude de climats.

Situé au niveau de la petite rue d’Enfer, on peut y voir un petit écriteau en pierre indiquant l’établissement des lieux. La visite démarre par une exploration des rues avoisinantes avec la paroisse historique de datant du XIIe siècle afin d’arriver à l’entrée des caves.

L’environnement privilégié et chargé d’histoire nous imprègne immédiatement de l’âme bourguignonne et de ce patrimoine conféré par les moines cisterciens. Je suis immédiatement séduit par cette atmosphère unique qui se dégage des pierres.

Au détour de la porte d’entrée des caves se trouve un énorme pressoir en bois traditionnel qui a été dernièrement utilisé pour presser une cuvée spéciale en 2005 du clos des Mouches. Nous décidons ensuite de descendre sous terre afin d’explorer les secrets du domaine.


Le labyrinthe des caves équivaut à la surface d’1 ha et abrite des flacons précieux à chaque détour. 2 murs font partie de l’héritage romain ce qui renforce la dimension particulière des lieux. L'achitecture des voûtes est somptueuse. Nous tombons même sur une porte en fer qui a permis à Maurice Drouhin, fils du fondateur du domaine, d’échapper à la gestapo pendant la période de la guerre mondiale.

Les pièces situées dans chaque recoin des caves respirent la noblesse, d’autant plus que le domaine bénéficie d’un atout indéniable sur ce plan : il est propriétaire de nombreux ha de chêne et fournit directement un tonnelier reconnu de Mäcon.

Quelques bonnes marches plus tard, nous atterrissons dans une pièce appellée le Parlement. L’histoire veut que cette pièce fût un des endroits où se réunissaient les rois de France afin de rendre Justice pendant 2 jours. L’endroit est magnifique voire époustouflant, combinant à la fois les aspects naturels de la pierre brute avec le raffinement des belles tables apprêtées pour recevoir les hôtes les plus importants. Sur un des murs trône une carte viticole de la région en bois qui est à la fois rare et somptueuse.

Par faute de temps, nous attaquons finalement la séance de dégustation VIP avec 4 blancs et 4 rouges au programme :

- Saint Véran 2009

- Chablis Grand Cru Les Clos 2008

- Puligny Montrachet 2008

- Beaune Premier Cru Clos des Mouches 2008 Blanc

- Chorey Les Beaune 2007

- Gevrey Chambertin 2007

- Chambolle Musigny Premier Cru 2007

- Beaune Premier Cru Clos des Mouches 2008 Rouge.

Je vais m’étendre sur le Clos des Mouches qui n’est pas un monopole de la maison bien que 80% de la parcelle soit la propriété du domaine Joseph Drouhin. Le nombre de propriétaires sur ce clos est porté à 3 ce qui en fait tout de même une parcelle rare et connue sous peu de signatures différentes.

La qualité et la profondeur de ces 2 vins (en blanc et en rouge) m’a littéralement scotché et bouleversé. La matière si velouté et si élégante du Clos des Mouches blancs avec une densité énorme et un équilibre parfait entre gras et acidité font de cette rencontre une émotion de dégustation unique. La finale et la longueur du vin renforce mon idée sur ce vin qui fait indéniablement parti de ses secrets de terroirs bourguignons contribuant à la noblesse et au prestige de la région. Pour couronner le tout, Joseph Drouhin travaille selon les préceptes de la biodynamie ce qui en fait un point commun avec notre philosophie.

Je quitte le domaine avec un trésor imprégné sur mes parois buccales et je me dis être chanceux de travailler dans ce monde qui possède l’art si habile et unique de sublimer des émotions et de joindre le rêve à la réalité avec un soupçon de féérie.

La Bourgogne a trouvé un bel ambassadeur avec le Domaine Joseph Drouhin.

http://www.drouhin.com/fr/index.php

mardi 1 février 2011

Maison Henriot



La Maison Henriot fait partie de ces maisons de champagne situées dans un positionnement intermédiaire entre les grandes maisons de marques et les vignerons indépendants.
Faisant partie des rares maisons familiales indépendantes en terres champenoises, la Maison Henriot possède 35 ha de vignes auquel s'ajoute 85 ha d'approvisionnements.

Créée en 1808 et établie à Reims, cette maison s'est fait connaître auprès de la bourgeoisie et de cette clientèle de particuliers (qui continuent à alimenter une partie des ventes de l'établissement) grâce à un système de VPC.
Aujourd'hui, Henriot réalise 50% de son CA à l'export mais affiche la volonté de rester une maison à dimension humaine.
La production annuelle avoisine le chiffre de 1 200 000 bouteilles. 60 à 70% de cette production est allouée à la cuvée BSA nommée Brut Souverain, ambassadeur de la maison.

La maison Henriot possède aussi les illustres domaines suivants:
- Bouchard Père et Fils en Bourgogne,
- Domaine William Fèvre sur le terroir chablisien,
- Villa Ponciago en Beaujolais (Cf.article Foire aux vins Monoprix).

Ayant eu l'occasion de déguster les champagne Henriot à maintes reprises, je dois avouer qu'avant ma visite au sein du QG d'Henriot, je considérais leur cuvée Rosé comme un joli fer de lance. La référence en la matière reste bien évidemment Billecart-Salmon mais le champagne Rosé Henriot illustre bien le côté gourmand sur les fruits rouges avec un joli caractère vineux conféré par les 2/3 de Pinot Noir présent sur ce vin.
Je l'avais découvert lors du salon Vinexpo HK et il m'avait réellement séduit sur beaucoup d'aspects avec notamment une persistance aromatique intéressante et une jolie finale située entre le fruité et de légères notes rôties.


Nous avons été accueillis par Béatrice Brossier et Antoine Hurray pour la visite des lieux et je dois reconnaître que ces 2 ambassadeurs de la Maison Henriot ont rempli leurs fonctions avec brio.
Vinosensia a apprécié le côté humain, sincère et passionné véhiculés par Béatrice et Antoine. Les échanges étaient conviviaux, l'animation faite par Antoine a été judicieuse en terme de timing et de contenu et l'ambiance plutôt détendu que rigide.
Sur le plan des infrastructures, il est clair que la Maison Henriot véhicule davantage un côté authentique et traditionnel que le côté guindé et spectaculaire que nous pouvons retrouver ailleurs. Pour ma part, cela a contribué à créer une atmosphère plus libérée. La salle de dégustation était propre et épurée, sans fioritures et parfaitement apprêtée pour un exercice de dégustation.

La dégustation de la gamme Henriot a été faite dans l'ordre suivant afin de mettre en évidence l'impact du chardonnay au niveau de l'assemblage :
- Rosé Brut,
- Brut Souverain,
- Blanc de Blancs,
- Millésimé 2003,
- Les Enchanteleurs 1996,
- Demi Sec (nouveauté).


La dégustation de la cuvée prestige Henriot a été faite au sein de la cave, à 18m de profondeur, au niveau de la galerie où reposait d'autres bouteilles "Les Enchanteleurs".
Ce moment fût pour moi sincèrement profond et beau, un joli tableau qui restera ancré dans mes mémoires de dégustateurs tant le cadre, les personnes et le produit en lui même faisaient ressortir une harmonie similaire aux plus belles compositions artistiques des grands maîtres.
La température de service était idéale, les flûtes vinalies permettaient d'exprimer au mieux les caractéristiques de cette belle cuvée et chaque gorgée (non recrachée) m'emportait vers le terroir champenois des grands crus.
Le nez présentait des notes d'agrumes ce qui laissait présager beaucoup de fraîcheur. On y détectait aisément le caractère autolytique des grands champagnes élevés pendant de longues années.
L'attaque vive et presque tranchante se voyait relayer par un milieu de bouche comprenant d'agréables notes de pain grillé et de fruits secs. La finale se poursuivait sur un côté empyreumatique discret (caramel) avec un retour de fraîcheur sur le pamplemousse qui m'a épaté.
Une jolie structure, une belle tension en bouche avec beaucoup d'élégance, un beau vin de Champagne... Un grand vin de Champagne: sans aucun doute la plus belle dégustation de la journée.


Domaine de la Chevalerie


Le Domaine de la Chevalerie est tenu par la famille CASLOT et se situe dans la ville de Restigné, en appellation Bourgueil.
Le domaine possède 38ha de cabernet franc répartis sur les parcelles suivantes: Peu Muleau (sables éoliens), Busardières (tufs), Chevalerie (argiles et sables avec majorité d'argile), Galichets (argiles et sables avec cailloux), Bretêche (argilo-calcaire) et Grand-Mont.

Arrivés sur les lieux, un petit panneau indique l'entrée de la cave, là où tout se déroule.
Nous avons été accueillis par Pierre Caslot, ancien maître des lieux qui a aujourd'hui cédé sa place à ses 2 enfants Emmanuel et Stéphanie.
Ce dernier nous a directement proposer une ballade "libre" au sein de la cave de tuffeau (ancienne carrière d'extraction). Je dois reconnaître que cet environnement naturel est un lieu envoûtant qui possède une âme et qui semble vivre. Un parfait compagnon pour les bouteilles de vins qui sommeillent tranquillement et dans des conditions d'hygrométrie et de température parfaites.


Nous l'avons ensuite rejoint pour entamer une dégustation que je ne suis pas prêt d'oublier tant le charme et la générosité débordante de Pierre fût spontanée.
Pierre Caslot aime parler de ses vins et de ses terroirs et cela s'en ressent. Son caractère épicurien et simple permet de mettre n'importe quel personnage à l'aise au sein de ses quartiers.
Et lorsque Pierre aime parler de ses vins, il aime aussi les servir et faire partager sa passion.
J'ai vraiment apprécié son côté très à l'écoute des gens et cette envie de transmettre.


Voici le marathon de dégustation que nous avons entamé en sa compagnie pendant près de 2 heures avec une formidable exploration temporelle de l'appellation Bourgueil:

1. Cassiopée 2009 (vin de plaisir et d'entrée de gamme du domaine)
2. Peu Muleau 2009
3. Bretèche 2008 (assemblage de 2 clos)
4. Galichets 2008
5. Chevalerie 2008
6. Busardières 2008
7. Busardières 2007
8. Peu Muleau 2006
9. Chevalerie 2006
10. Busardières 2006
11. Chevalerie 2005
12. Busardières 2005
13. Alcofribas 2005
14. Galichets 2009
15. Galichets 1996
16. Busardières 1996
17. Busardières 1995
18. Galichets 1995
19. Gallichets 1983
20. Busardières 1983
21. Busardières 1978

J'ai été étonné par cette dégustation et le cabernet franc se prête tout à fait à la compréhension de la notion de "terroir" surtout dans cette belle région qui produit une grande partie de ses vins en monocépage.
L'opposition de style entre Busardière et Chevalerie est clairement mis en évidence à travers chaque cuvée et chaque millésime.
J'ai d'ailleurs trouvé que malgré l'effet millésime, le terroir gardait sa trame et sa cohérence au sein de cet exercice pédagogique.


Si je devais citer un coup de coeur, je choisirai sans doute Alcofribas 2005 pour son côté si atypique avec une fermentation effectuée en fûts de chêne. Doté d'une belle structure qui laisse présager un beau potentiel de garde, c'est le type de vin qui permet d'illustrer que tous les vins de Loire ne sont pas simples, facile à boire et sur le fruit.

Dans tous les cas, je remercie sincèrement Pierre Caslot pour le temps qu'il nous a consacré et ce serait un grand plaisir pour moi de pouvoir emmener certains passionnés découvrir le savoir-faire de cette famille, leur histoire et leur patrimoine.

mardi 25 janvier 2011

Domaine Weinbach



Le Domaine Weinbach fait parti de ces grands domaines qui dorent le blason du vignoble alsacien. Situé à Kaysersberg, au pied de la montagne de Schlossberg, le Clos des Capucins constitue la demeure de la famille Faller tenue par 3 nobles dames : Colette, Catherine et Laurence.
Le domaine a entamé une conversion en biodynamie en 1998 qui a été finalisée en 2005. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui m'a poussé à suivre de près les travaux (et les fruits de ces travaux) conduits par cette propriété familiale puisque je reste un grand adepte et un fervent croyant des méthodes issues des recherches faites par Rudolf Steiner.

Nous avons été reçus par Catherine Faller pour effectuer notre petit parcours de dégustation. En pleine période estivale, je dois reconnaître que l'affluence internationale était assez forte lors de notre visite. Catherine et Collette évoluait entre 3 lieux différents de la demeure afin de satisfaire la curiosité et le plaisir des visiteurs.
Catherine est une personne cultivée et distinguée qui maîtrise très bien l'art oratoire et qui possède un charisme certain de mon point de vue.
J'ai beaucoup aimé échangé avec elle et partagé nos points de vue entre vins et gastronomie, culture de l'Asie et traditions de l'Alsace.
Catherine possède une générosité qui inspire confiance, le genre de personne que j'inviterai volontiers à partager mon dîner.


Pas moins de 11 vins dégustés en la présence de Catherine :

- Pinot Blanc 2009 Clos des Capucins,
- Riesling 2008 Grand Cru Schlossberg,
- Riesling 2008 Grand Cru Schlossberg Cuvée Sainte Catherine,
- Riesling 2007 Grand Cru Schlossberg Cuvée Sainte Catherine l'Inédit,
- Pinot Gris 2008 Cuvée Sainte Catherine,
- Pinot Gris 2007 Altenbourg Cuvée Laurence,
- Gewurztraminer 2008 Cuvée Laurence,
- Gewurztraminer 2007 Altenbourg Cuvée Laurence,
- Riesling VT 2006 Grand Cru Schlossberg,
- Gewurztraminer VT 2006 Grand Cru Furstentum,
- Gewurztraminer SGN 2006 Grand Cru Mambourg.


Etant à la fois originaire de cette belle région et à la fois grand passionné et amoureux des vins alsaciens, mon verdict sur les vins du domaine Weinbach va rester d'un ennui élogieux.
Peu voire pas de reproches à formuler sur la qualité des vins qui ont su montrer une belle expression des terroirs sur les millésimes 2007 et 2008.

Mention spéciale aux 3 cuvées qui m'ont littéralement charmé sous tous les sens :
- Riesling 2008 Grand Cru Schlossberg Cuvée Sainte Catherine,
- Gewurztraminer 2007 Altenbourg Cuvée Laurence,
- Riesling VT 2006 Grand Cru Schlossberg.


Ecrire sur les vins d'exceptions du Domaine Weinbach me donnent l'envie de déboucher une des 2 bouteilles que je conserve précieusement à mon domicile français et de le servir sur un accord mets et vins qui correspondrait à mon identité culturelle...
J'y retournerai avec grand plaisir.

samedi 8 janvier 2011

Altavis Wine Tasting / CA Grands Crus @ MoCa


J'ai été cordialement invité à assister à une dégustation organisée par la société d'import de vins AltavisWine. Le fondateur David Chow est un ancien de la société Mercuris (aussi importateur de vins) et parle aussi bien français que je ne l'écris.
L'animation a été prise en charge par , ancien oenologue pour et travaillant pour la filiale du Crédit Agricole CA Grands Crus.

Après m'être quelque peu égaré au sein de People's Park et avoir couru un peu partout pour rattraper les minutes qui s'écoulaient, j'ai enfin atteint les portes qui me permettaient d'accéder non pas au Graal mais à cette dégustation qui s'avérait intéressante.
Dès mon entrée au sein du MoCa (Museum of Contemporary Art), j'ai trouvé que le lieu se prêtait particulièrement à la dégustation de vins: lieu épuré, calme, artistique, doté d'une âme et créateur d'inspiration pour de belles descriptions poétiques.

Une fois au sein de la salle où aura lieu les festivités, j'ai tout de suite été agréablement surpris par la qualité de l'organisation et le côté "master class".
Tables superbement apprêtées, verres et crachoirs présents en masse, vins carafés/décantés, équipement de projection, personnel aux aguets... Dommage que la luminosité était peut être un tantinet légère pour l'analyse visuelle.
Comme toutes les dégustations professionnelles auxquelles j'ai pu assister, un certain temps d'attente s'est écoulé avant que l'évènement ait pu démarrer. Suite à l'impatience de certains convives déjà présents, les festivités ont donc démarrer malgré l'absence de certains retardataires...


Tout au long des explications fournies par , le vin était servi en fonction de l'avancée des diapositives. Au niveau du service, peu de critiques à faire car je n'ai pas eu à déplorer de suicides de gouttes sur la belle nappe qui ornait ma table.
Nous avons même eu droit à un petit assortiment d'amuses bouches mais malheureusement, le grand bémol fût l'absence d'explication au niveau des accords à réaliser (et je maintiens mon petit doute quand à l'association chocolat/sauternes).

Au programme de la séance:

- Prieur de Meyney 2005,
- Château Meyney 2001 (Cru Bourgeois),
- Prélude à Grand Puy Ducasse 2007,
- Château Grand Puy Ducasse 2007 (5e GCC),
- Château Rayne Vigneau 2003 (1er GCC).


Ma grande découverte fût les 2 premiers vins issus du Château Meyney. Une très belle alternative pour les "wine lovers" du marché shanghaien car il faut reconnaître que le tarif au détail (caviste) reste assez élevé lorsqu'on court à la recherche de bouteilles offrant un rapport qualité/prix décent et à la portée des bourses modestes voire moyennes.

La dégustation une fois achevée, j'ai apprécié la disponibilité de l'intervenant et les échanges naturels qui se sont installés entre les différents invités.
Sûrement l'un des côtés que Vinosensia essaye de mettre en avant : le vin rassemble, favorise les échanges, fédère les Hommes...


Conclusion : un très bon moment passé au sein du MoCa et une organisation qui s'est voulue assez "pro".

www.cagrandscrus.com/